Mr ROBOT, série très humaine

critique de la série TV Mr Robot par Cyril Belange

Quelques infos pratiques avant de plonger dans la critique de la série:

Show Runner Sam ESMAIL | Produit par ESMAIL CORP

Show diffusé de 2015 à 2019, 4 saisons complètes

De très nombreux prix d’interprétation remportés par Rami Malek, citons Bafta Award, Emmy Award, Screen Actors Guild entre autres.

Diffusé en France sur Prime video VOD gratuite de l’abonnement Amazon Prime

Saison 4 finale indisponible au 11/11/20 pour cause de chronologie de diffusion en France ?

Notable : longs épisodes entre 40 et 60 mn qui en font de mini longs métrages, très complets avec une intro, un plat de résistante et une conclusion souvent fermée à une rare exception près: un épisode en deux parties

Comment ai-je découvert la série ?

Comment j’ai découvert cette série ? en surfant sur le catalogue Prime par désespoir avec tout de même l’envie de me plonger dans une série achevée et disposant de plusieurs saisons, un peu comme je l’avais fait pour Suits. Envie de se glisser dans une narration bien maitrisée comme on enfile de confortables chaussons. Besoin que quelqu’un de talentueux vienne me raconter une histoire inédite avec des effets spéciaux, de l’humour et beaucoup, beaucoup de rebondissements, qui sait ça pourrait m’inspirer et me pousser à rebondir encore plus haut que je ne l’aie fait jusqu’ici ??

NB attention aux titres parfois trompeurs ne jamais oublier la dimension marketing et/ou anecdotique d’un titre de série, ici Mr Robot est un parfait exemple. Cette série qui est déjà un classique pour les sérivores, les addicts de Netflix Prime Hulu OCS et consorts a agréablement surpris ceux qui ne ne se sont pas laissé refroidir par ce titre trompeur.

Les talents selon Mr Robot

Mr Robot donc ne parle jamais de robots, ça parle de déshumanisation c’est sûrement la question centrale de l’écriture feuilletonnante de Sam Esmail, c’est peut-être bien ça comment est-on arrivé à une société ou les humains, les talents sont interchangeables. On a besoin d’un cadre, d’un informaticien pour un projet, une mission donnée mais le lendemain la donne a changé, les stratégies et la recherche incessante de dividendes du groupe transnational ont muté et ces talents n’ont plus aucune valeur aux yeux du Board,. Ce n’est même pas le PDG qui décide finalement car lui saurait éventuellement préserver les talents en interne, les mettre en sommeil ou les réaffecter intelligemment à un autre projet mais non ici les talents, les compétences partent à la poubelle.

Pourquoi j’utilise le terme talents qui est un terme RH consacré copié collé des USA et du management de ressources humaines ? parce que dans talents j’entends créativité autrement dit la capacité à aller au-delà de son champ de compétences à dépasser sa formation initiale, son petit univers cosy et se réinventer pour en faire profiter les collègues, le service et in fine la société dans son ensemble mais non

Deux générations d’acteurs

Deux générations d’acteurs donc qui s’affrontent à tous points de vue. Deux aspects d’un même trouble de l’identité aussi. Deux facettes de l’Amérique. Une qui courbe l’échine quand l’autre se résout à se battre parce qu’elle ne peut faire autrement ? Les lanceurs d’alerte tels Edward Snowden apparaissent en arrière-plan dans la série, les Anonymous également, d’ailleurs, c’est le nom de l’une des boites de prod de la série Anonymous content.

Deux générations et la fracture consumériste au milieu qui avait déjà était consommée dans les années 80 mais qui s’est encore aggravée dans les années 2000 avec l’essor du commerce en ligne et la dématérialisation galopante des achats, des interactions qui brouillent tous nos repères spatiotemporels et aussi nos objectifs, nos rythmes sociaux.

Deux icônes ?

Je n’aime pas trop ce terme d’icône car la presse, les réseaux sociaux l’ont vidé de son sens. Christian Slater n’est pas une icône, c’est une star des années 80 90, un acteur qu’on a vu grandir à l’instar de Drew Barrymore, Keanu Reeves ou Di Caprio. On le retrouve ici dans un rôle de père, menaçant, lui qui a passé ses jeunes années d’actorat à interpréter les rebelles ou les ados malicieux, ici c’est d’abord un vieux, un loser magnifique avec sa veste floquée Mr Robot qui comme je l’ai signalé plus tôt n’a rien à voir avec la robotique ou les androïdes, on n’est pas avec Will Smith dans I, robot ici. Pas le moins du monde. Christian Slater est un quinqua difficile à cerner, avec des motivations troubles et des méthodes de mafieux dans la première saison de Mr Robot. A l’opposé Rami Malek est le jeune qui est resté enfermé dans son rôle de jeune. Le hoodie toujours sur le dos, on peut compter sur les doigts d’une main les apparitions où il ne le porte pas et c’est alors comme s’il avançait nu dans la scène.

Rami Malek qui plus tard est devenu Freddie Mercury dans Bohemian Rhapsody au cinéma et qui a réussi son interprétation d’une véritable icône de la pop music mondiale et qui reste dans les mémoires plus de 20 après sa disparition. Donc un excellent acteur, à l’intensité éprouvante par moment, trop d’yeux globuleux, trop de vibrations difficilement contenues, renfermées pour ne pas exploser, de violence affleurante, pour ne pas briller parmi les acteurs de sa génération. Une diction très particulière, vraiment pas banale. Je vous en prie, regardez au moins une épisode en VOST même si ce n’est pas votre tasse de thé, juste pour l’entendre au moins une fois

Les thèmes

La santé mentale ou la folie de tous les personnages, aucun n’est épargné. Pas un seul personnage sain d’esprit et équilibré même pas pour contrebalancer les choses et montrer le visage de la santé mentale le père d’Angela, l’amie d’enfance de Elliott (Rami Malek) peut-être ? la psy d’Eliott (Gloria Reuben) souffre uniquement de solitude, pas plus ?

L’aliénation de l’être humain par la société de consommation et les nouvelles technologies

Vous l’avez compris, je vous recommande vivement cette série qui surprend par son ton, sa narration et la qualité de ses interprètes.

Storyteller| Conference Interpreter| belangeintl.com

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