Sky Rojo, n’est pas QT qui veut

Sky Rojo

Netflix, 2021

Comme dirait mon frère, il faut toujours donner sa chance au produit et donc j’ai décidé de mater Sky Rojo, parce que c’était une prod espagnole et que le teaser faisait penser à La casa de papel. Je suis fan de cette dernière même si je n’ai jamais été dupe de ses faiblesses en termes d’écriture.

Sky Rojo, c’est qui ?

C’est la dernière production des créateurs de La casa de papel.

Sky rojo, c’est quoi ?

Un genre de road movie dans lequel trois prostituées s’échappent de Las novias, un club de strip-tease abritant un effroyable bordel après avoir laissé pour morts patron et mère maquerelle.

Sky rojo, c’est quand ?

Ça se passe à une époque contemporaine de la nôtre mais aucun repère temporel du monde extérieur ne vient donner d’indices sur la décennie du 21ème siècle où se déroule l’intrigue contrairement à La casa de papel où en sous-texte on avait des références explicites au mouvement espagnol Indignados né suite à la crise des subprimes en 2008 ;

Sky rojo, c’est où ?

C’est en plein désert espagnol, un coin paumé avec à proximité les résidences de tourisme de masse de Tenerife.

Sky rojo, pourquoi ?

La série permet de dénoncer la condition effroyable dans laquelle vivent ces femmes qui ont été enlevées avant d’être forcées à se prostituer. On parle de trafic d’êtres humains, de passeports confisqués et cette réalité est glauque cependant, cela permet aussi de faire des images aguicheuses et d’appâter le chaland. Et j’en suis, je suis un consommateur de chair numérique. La série entend dénoncer la condition des femmes en Espagne qui est le premier consommateur de prostitution en Europe comme nous l’annonce fort obligeamment dès le début de la série

La série s’inspire à la fois de Quentin Tarantino période Une nuit en enfer pour le côté lascif, girl power et duo de malfrats semi-débiles avec des conversations absurdes et une affection pour leur chère môman qui tendrait à les rendre plus vulnérables ; il y aurait de l’humanité chez ces gangsters après tout…

Pourquoi j’ai donné sa chance à Sky Rojo ? parce que je suis un consommateur, je l’ai écrit plus haut et c’est ce que font les consommateurs de séries, les sérivores, ils consomment des séries, pas toujours les meilleures. Vous me voyez venir là ?

Le problème de la série c’est que l’on voit les coutures : on sent que ça lorgne vers Tarantino, Thelma et Louise mais sans jamais s’en approcher véritablement. Pas de côté nihiliste comme chez Thelma et Louise où ça se finit très mal et qu’on ne l’avait pas forcément vu arriver dès le début d’où l’intérêt du film et la fin mortelle de nos héroïnes se justifie très bien après coup car elles ne peuvent plus revenir en arrière. Ici, on se doute que l’on va voir nos 3 ex-prostituées un bon moment car ce sont les protagonistes de la série et aussi les limites du format feuilletonnant : nous avons besoin d’elles pour faire avancer l’intrigue. Ce n’est pas Game of Thrones non plus où la profusion des personnages permet d’en éliminer un ou plusieurs à chaque épisode.

Les chansons pop qui ponctuent les épisodes comme dans La casa de papel ont déjà été largement utilisées dans Trainspotting ou ailleurs et sont déjà bien trop chargées pour nos mémoires de cinéphiles. Les effets de caméra sont outranciers et soulignent une hyperviolence nous indiquant quand nous devrions être choqués.

Les enjeux ne sont pas clairs. Bien sûr, les prostituées veulent rester en vie mais au-delà de cette survie qui se joue d’une minute à l’autre, pas grand-chose se profile au bout des 25 minutes d’épisode.

Sentiment de déjà vu, de surexploitation de certains thèmes, la drogue a été bien mieux traitée par Trainspotting ou Breaking Bad ou même Weeds pour le coup. J’ai donné sa chance au produit mais je n’irai pas au-delà du troisième épisode. Si vous avez une nouvelle série à me recommander, je suis preneur !

Storyteller| Conference Interpreter| belangeintl.com

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